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Actualités santé

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Sur l’Oyapock, la coopération sanitaire transfrontalière progresse.

Sur l’Oyapock, la coopération sanitaire transfrontalière progresse.

La vallée de l’Oyapock a vécu au rythme de la Semaine de la santé transfrontalière, en décembre. Pas organisé depuis 2018, l’événement avait été relancé en 2024. Cette année-là, la rencontre entre le président français Emmanuel Macron et son homologue brésilien Lula avait abouti à l’adoption d’un plan d’action franco-brésilien comptant des axes sur la santé mondiale et l’approfondissement de la coopération bilatérale.


Plusieurs dispositifs permettent d’ores et déjà aux professionnels de santé de Saint-Georges, Oiapoque et Camopi de collaborer. Depuis 2019, les personnes vivant avec le VIH à Oiapoque et dont l’infection est stabilisée peuvent être suivies sur leur lieu de résidence grâce à l’ouverture d’un dispositif dit Première Ligne, dans le cadre du projet Oyapock coopération santé (OCS). Auparavant, ils devaient traverser le fleuve pour être pris en charge au CDPS de Saint-Georges.
Toujours dans le cadre d’OCS, une enquête avaient révélé la « banalisation » des violences faites aux femmes dans la région. Mi-septembre, l’association DPac Fronteira a ouvert sa Maison des femmes, à Oiapoque. Les victimes de violences peuvent y trouver refuge. D’autres dispositifs ont également été mis en place côté français.


Cette Semaine de la santé transfrontalière 2025 a également vu l’aboutissement d’un chantier de longue date. Les professionnels de santé des deux rives disposent d’un centre de coopération sanitaire transfrontalière, dirigé par le Dr Jean-Yves Cattin. Sa création répondait à plusieurs besoins :
• Pouvoir orienter les patients en urgence grave de la vallée de l’Oyapock vers l’offre de soins la plus adaptée ;
• Aider les professionnels de santé et les patients à se repérer entre les deux systèmes de santé très différents du Brésil et de la France ;
• Suivre le parcours des patients, notamment chroniques, qui alternent les prises en charge entre les deux rives de l’Oyapock ;
• Améliorer le suivi des femmes enceintes dont le suivi de grossesse, lui aussi, peut se partager entre les deux côtés de la frontière ;
• Rechercher des solutions pour des patients bed blockers brésiliens à l’hôpital de Cayenne mais également des bed blockers français hospitalisés à Macapa…


Les professionnels de santé des deux rives ont également annoncé avoir adopté un outil numérique qui leur permet d’échanger les informations de santé de leurs patients de manière sécurisée et conforme aux règlements européens. Auparavant, ils utilisaient WhatsApp. Ils ont également organisé des formations communes et des visites des établissements de santé des deux villes frontalières.


A Camopi, l’équipe du CDPS, qui reçoit beaucoup de patients vivant au Brésil, a débuté des staffs médico-sociaux communs avec son homologue brésilienne, en 2025. Ils permettent de mieux connaître la situation des patients.
A Saint-Georges et Oiapoque, les professionnels mènent désormais régulièrement des campagnes communes de dépistage des infections sexuellement transmissibles comme le VIH, les hépatites et la syphilis. L’Agence régionale de santé de Guyane et la Surintendance à la veille sanitaire de l’Amapa échangent tous les mois des informations sur la situation épidémiologique des deux territoires.


D’autres projets sont dans les tuyaux pour favoriser l’activité physique, promouvoir la santé environnementale, lutter contre les maladies chroniques et réduire les inégalités sociales de santé. Ces sujets font l’objet d’une feuille de route pour les années à venir.