

Auteur: Pierre-Yves Carlier
Tags(s): médecins Guyane statistiques - démographie médicale Guyane - Ordre des médecins Guyane - densité médicale territoire - accès aux soins Guyane - médecins salariés - formation médicale étranger - déserts médicaux Guyane - praticiens jeunes Guyane - effectifs médicaux 2025

Au 1er janvier, la Guyane comptait 814 médecins inscrits à l’Ordre, dont 748 exerçant de manière régulière, selon les dernières données du Conseil national de l’Ordre des médecins. Ces chiffres révèlent un profil spécifique : les praticiens y sont nettement plus souvent salariés (75,2 %), majoritairement des hommes (66 %) et plus jeunes que dans le reste du pays, avec 30,1 % de moins de 40 ans.
Depuis 2010, le nombre de médecins a presque doublé (+94,7 %), une progression bien plus rapide que celle de la population locale, qui a augmenté de 25 % sur la même période. Malgré cette hausse, la densité médicale reste faible, avec 282,3 médecins pour 100 000 habitants, plaçant la Guyane parmi les territoires les moins dotés.
L’âge moyen des médecins a légèrement baissé, passant de 49 ans et 8 mois à 48 ans et 2 mois. Aujourd’hui, 30,1 % des praticiens ont moins de 40 ans, tandis que 20,5 % ont plus de 60 ans. Si les effectifs des plus jeunes ont presque triplé depuis 2010, ceux des médecins âgés de plus de 60 ans ont, eux aussi, doublé. Cette tendance est particulièrement marquée chez les médecins libéraux, où près de 40 % ont plus de 60 ans.
La Guyane se distingue également par une faible proportion de femmes médecins (34 %), un chiffre resté quasiment stable depuis 2010. Par ailleurs, les trois quarts des praticiens exercent en tant que salariés, une situation rare en France. À l’inverse, l’exercice libéral reste minoritaire (19,3 %), tout comme les activités mixtes (5,5 %). Plus de la moitié des médecins inscrits en Guyane ont obtenu leur diplôme à l’étranger.
Malgré cette augmentation des effectifs, l’accès aux soins ne s’est pas amélioré. Entre 2016 et 2023, certaines zones, comme le littoral ouest et les Savanes, ont même vu leur nombre de médecins diminuer. Dans le reste du territoire, la progression du nombre de praticiens ne suffit pas à compenser la croissance et le vieillissement de la population. Une dynamique comparable est observée dans certaines zones de l’Hexagone, notamment en périphérie des grandes villes, sur les littoraux et dans les régions frontalières.