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Actualités santé

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Des chiffres inédits sur la sexualité en Guyane.

Des chiffres inédits sur la sexualité en Guyane.

Pour la première fois, l’Inserm, un organisme de recherche médicale, a étudié la sexualité dans les Outre-mer. En 2023, elle a interrogé 10 000 Ultramarins, dont environ 2 500 Guyanais. Les réponses montrent des spécificités propres à la Guyane par rapport aux Antilles et à La Réunion.

En premier lieu, alors que l’âge du premier rapport sexuel a tendance à remonter partout dans le monde, en Guyane, il continue de baisser. Et l’écart entre les jeunes hommes et les jeunes femmes augmente, ce qui n’est pas le cas ailleurs. Ainsi, la moitié des hommes nés entre 2001 et 2005 ont eu leur premier rapport sexuel avant 15 ans et 8 mois et la moitié des femmes avant 17 ans et 5 mois.

Les hommes déclarent aussi davantage de partenaires au cours de leur vie que les femmes. C’est particulièrement le cas chez les 40-49 ans. Les hommes de 18 à 29 ans déclarent en moyenne 14,5 partenaires sexuelles, contre 4,5 pour les femmes.

Les Guyanais sont également plus nombreux que les autres Ultramarins à avoir eu plusieurs partenaires au cours des douze mois précédents l’enquête. Et ce dans toutes les catégories d’âge.

Par rapport aux autres Ultramarins, les Guyanais apparaissent avoir des pratiques sexuelles moins diversifiées en dehors des rapports vaginaux. Là aussi, l’écart entre hommes et femmes est plus élevé qu’ailleurs.

Les participants ont également été interrogés sur l’homosexualité. Ils sont 20 % à avoir répondu que l’homosexualité est une sexualité normale. C’est moins qu’aux Antilles et à La Réunion. Cette acceptation est encore plus faible chez les jeunes, contrairement aux autres régions.

La prévention contre les infections sexuellement transmissible est aussi plus faible en Guyane qu’ailleurs. Chez les 18-29 ans, moins de trois sur quatre ont utilisé un préservatif lors de leur premier rapport sexuel. Et moins d’un Guyanais sur deux en utilise un lors d’un rapport avec un nouveau partenaire.

Dans le même temps, les Guyanais sont moins nombreux à être vacciné contre l’hépatite B ou les papillomavirus, principale cause de certains cancers. Ils sont en revanche plus nombreux qu’ailleurs à se faire dépister contre les infections sexuellement transmissibles.

L’usage de la contraception est également moindre que dans les autres Outre-mer. Chez les femmes de 18 à 29 ans ne souhaitant pas d’enfant, trois sur dix ne recourent à aucune méthode contraceptive. Les autres utilisent de préférence le préservatif et les méthodes naturelles, et très peu la pilule. C’est d’ailleurs en Guyane qu’elle est le moins utilisée. Dans le même temps, plus d’une femme sur dix a déclaré que sa dernière grossesse n’était pas désirée et une sur quatre qu’elle aurait souhaité qu’elle survienne plus tard.

Enfin, plus d’une femme sur quatre déclare avoir subi une tentative de rapport forcé et/ou un rapport forcé au cours de sa vie. Le niveau est similaire aux Antilles. Ces violences sexuelles sont intervenues alors que la victime était mineure dans un cas sur six.

Toutes ces données permettent de mieux connaître les comportements, les normes en matière de sexualité et de prévention. Elles serviront aux institutions sanitaires pour adapter les actions de prévention. D’autres analyses plus poussées de toutes ces données sont également prévues.

Consulter l’étude : Lien