Logo Pharmaguyane
Logo Facebook
Logo Pharmaguyane
Logo Pharmaguyane
Logo Facebook

Actualités santé

< Retour

Hantavirus : qu’en est-il en Guyane ?

Hantavirus : qu’en est-il en Guyane ?

Plusieurs cas d’hantavirus sont survenus sur un bateau de croisière qui revenait d’Ushuaïa (Argentine) et se trouvait à proximité du Cap-Vert. Trois passagers sont décédés.

Les infections à hantavirus sont des maladies transmises par les rongeurs. En Europe et en Asie, elles entraînent des fièvres hémorragiques et touchent les reins. En Amérique, elles impactent les poumons et le cœur. La contamination survient en respirant les poussières ou aérosols contaminés par les urines, déjections ou salives de rongeurs infectés. Les contaminations humaines sont donc favorisées par l’abondance du « réservoir ». Anne Lavergne, responsable du centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur de Guyane, souligne toutefois que ce virus n’est pas connu pour provoquer des épidémies.

En Guyane, le rat des cannes (Zygodontomys brevicauda) et la souris pygmée à longue queue (Oligoryzomys delicatus) sont deux rongeurs porteurs du virus Maripa, seule souche identifiée sur le territoire. Ils peuvent l’excréter en grande quantité dans leurs urines, leurs selles ou leur salive.

Après exposition, les premiers symptômes peuvent apparaître après une à huit semaines. Le syndrome cardio-pulmonaire (SCPH) se caractérise par un état grippal avec fièvre, maux de tête, courbatures. Des signes digestifs sont possibles comme des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements. Le SCPH peut progresser vers une toux, un essoufflement et l’accumulation de fluide dans les poumons. Aucun traitement spécifique n’existe, seuls les symptômes sont traités.

L’hantavirus des Andes, à l’origine des contaminations sur le bateau de croisière, présente la particularité d’une transmission entre humains, contrairement aux autres hantavirus (et notamment celui qui circule en Guyane). L’hantavirus des Andes n’a jamais été détecté en Guyane. Sur le territoire, 13 cas d’hantavirus ont été recensés en dix-huit ans avec cinq décès. La contamination de l’humain par l’hantavirus est favorisée par un séjour prolongé dans un lieu proche de l’habitat du rongeur et par la réalisation d’activité favorisant la dispersion du virus dans l’air :

• Manipulation de rongeurs, vivants ou morts ;

• Nettoyage d’une surface à l’aide d’un nettoyeur haute pression ;

• Nettoyage d’une surface à sec ;

• Passage d’une débroussailleuse ou d’une tondeuse ;

• Réalisation d’activité agricoles (travail du sol, entretien de l’abattis…) ;

• Réalisation de travaux ;

• Toute autre activité susceptible de mettre des poussières en suspension ;

• La réalisation de ces activités dans un local fermé et accessible aux rongeurs est un facteur de risque supplémentaire.

Il est donc recommandé pour se protéger de :

• Limiter les contacts avec les rongeurs :

• En portant des gants lors de la manipulation d’animaux ;

• En empêchant l’accès des rongeurs dans les lieux de vie ou de travail : conserver les aliments dans des endroits non accessibles aux rongeurs, éliminer les abris utilisables par ces derniers ;

• Dans le cas où un local est envahi par les rongeurs, faire appel à un professionnel de la lutte contre les nuisibles.

• Éviter l’inhalation du virus :

• En portant un masque dès que possible lors de la réalisation d’une activité à risque ;

• En aérant fréquemment les lieux de vie ou de travail ;

• En aspergeant d’eau les surfaces avant de les nettoyer, pour éviter de mettre les poussières en suspension dans l’air.

Plusieurs spécialistes de Guyane s’expriment sur le sujet, dans ce reportage : https://la1ere.franceinfo.fr/guyane/virus-maripa-en-guyane-une-evolution-lente-sous-surveillance-depuis-2008-1699009.html

Un article de chercheurs de Guyane sur les hantavirus des Amériques : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2772743223005081

Une interview d’Anne Lavergne, responsable du centre national de référence des hantavirus à l’Institut Pasteur de Guyane, et le Pr Loïc Epelboin, infectiologue au CHU de Guyane (à partir de 30 minutes) : https://www.facebook.com/share/v/1J62jefNdu/