

Auteur: Pierre-Yves Carlier
Tags(s): métaux lourds Guyane - mercure poisson Guyane - plomb santé - dépistage Guyane - santé environnementale - prévention intoxication - Oyapock - Maroni

Les métaux lourds tels le mercure, le plomb, l’aluminium, le cadmium ont des effets très graves sur notre santé, lorsqu’ils s’accumulent dans notre organisme : retard de croissance, fausses couches, troubles de l’apprentissage, troubles neurologiques. Les sources d’exposition sont multiples : alimentation, imprégnation du sol, polluants… En Guyane, les principales alertes concernent le plomb et le mercure, naturellement présents dans le sol. Pour le premier, les sources sont multiples : plombs de chasse, de pêche et accumulation dans certaines variétés de manioc. Le second est encore utilisé dans l’orpaillage illégal et s’accumule dans certaines espèces de poisson.
Les populations les plus à risque vivent sur les fleuves, en particulier le Maroni et l’Oyapock. Pour repérer les personnes imprégnées et leur proposer un parcours de soin et d’accompagnement, des tests sont possibles. Depuis le mois d’octobre à Maripasoula et Papaïchton, ils sont proposés systématiquement et gratuitement aux femmes enceintes ou susceptibles de le devenir, et pour tous les enfants de moins de 6 ans, par une équipe du CHU de Guyane. Mi-mai, lors d’une visite à Camopi avec le préfet de Guyane, Bertrand Parent, directeur général de l’Agence régionale de santé, a annoncé que ce dépistage sera également systématisé dans la commune d’ici à la fin de l’année.
Ce dépistage consiste en une prise de sang. Il permet également de détecter le plomb, le mercure et d’autres métaux plus rares. Si un taux anormalement élevé est trouvé chez une personne, une prévention secondaire lui est proposé pour éviter l’apparition de troubles et réduire son imprégnation. Si besoin, l’enfant est vu par un pédiatre, un neurologue ou un psychologue. A Camopi, que ce soit dans le bourg ou à Trois-Sauts, des bilans des troubles du neurodéveloppement sont d’ores et déjà proposés par une structure médico-sociale.
Pour se protéger du mercure :
Varier son alimentation
Consommer, dans la mesure du possible, au moins un fruit par jour (protège contre une forte bioaccumulation en méthylmercure)
Substituer la consommation de poissons prédateurs par celle d’espèces moins contaminées, notamment pour les femmes enceintes et les enfants de moins de sept ans
Pour se protéger du plomb :
Éviter tout contact avec ce métal (batteries, déchets métalliques, alimentation…)
Ne pas manipuler les plombs de chasse à mains nues, retirer les plombs de la viande que l’on consomme à l’aide d’un couteau, bien se laver les mains avant de la manipuler ou cuisiner
Varier son alimentation au maximum, puisque l’intoxication survient lors d’une exposition prolongée et répétée au métal.